Quiet quitting : définition

Le quiet quitting, ou démission silencieuse, désigne le fait pour un salarié de s’en tenir à ce que son poste exige, sans plus s’investir au-delà. Le salarié ne quitte pas son emploi : il renonce à en faire plus que ce pour quoi il est payé.

La traduction française trompe. Il n’y a pas de démission, seulement un retrait de l’engagement discrétionnaire : rester après l’heure, répondre le dimanche, prendre le dossier dont personne ne veut.

D’où vient le quiet quitting ?

Le terme devient viral en juillet 2022 avec une courte vidéo TikTok publiée par Zaid Khan, un jeune ingénieur, sous le compte @zkchillin, devenu @zaidleppelin. Il y dit avoir récemment découvert l’expression. Il la résume ainsi, dans l’extrait diffusé par la radio publique américaine NPR : on continue d’assumer ses tâches, mais on n’adhère plus à l’idée que le travail doit être toute sa vie. Nous n’avons pas trouvé de source fiable qui date la première apparition du terme.

L’institut Gallup s’en empare dès septembre 2022. Il range les quiet quitters dans sa catégorie des salariés « non engagés », ceux qui font le minimum requis et restent psychologiquement détachés de leur travail. Ils représentaient alors au moins la moitié des salariés américains.

En France, l’édition 2026 de l’étude State of the Global Workplace de Gallup, sur des données 2025, compte 72 % de salariés non engagés, 20 % de salariés activement désengagés et 8 % seulement d’engagés. La moyenne européenne d’engagement est de 12 %.

L’assimilation de Gallup est commode, et elle a fait le succès du mot. Elle est aussi discutable : la catégorie « non engagés » mélange le salarié qui pose des limites saines et celui qui s’est détaché par lassitude. Les deux n’appellent pas la même réponse.

Ce que le quiet quitting ne recouvre pas

Une faute. Le salarié fait le travail prévu. Lui reprocher de ne pas en faire davantage revient à admettre que le poste reposait sur du travail non reconnu.

Le présentéisme. Le présentéisme désigne le fait d’être présent sans être en état de travailler, souvent malade. Le quiet quitter, lui, travaille, mais dans les limites du contrat.

Le brown-out ou le burn-out. Le brown-out et le burn-out sont des états de souffrance. Le quiet quitting est une conduite, parfois choisie, parfois subie. Un salarié en souffrance peut l’adopter, un salarié en pleine forme aussi.

Le départ. Le quiet quitter reste en poste, par définition. Un taux de turnover bas ne dit donc rien du phénomène, et c’est ce qui le rend difficile à voir dans les tableaux de bord.

Pour repérer le désengagement avant qu’il ne s’installe, un indicateur comme l’eNPS donne un premier signal. Notre article sur la mesure du bien-être au travail détaille les questionnaires qui vont plus loin.

Sources

  1. Quiet quitting is a trend taking over TikTok and possibly your workplace, NPR, 2022.
  2. Quiet Quitting: A Loud Trend Overtaking Social Media (Consider This, transcription du 9 septembre 2022), NPR, 2022.
  3. Is Quiet Quitting Real?, Gallup, 2022.
  4. State of the Global Workplace 2026 : données France, Gallup, 2026.

À lire aussi dans « Management et engagement »

Voir toute la rubrique Management et engagement