Bore-out : définition

Le bore-out est un épuisement professionnel provoqué par l’ennui et le manque de travail, en quantité ou en intérêt. Le terme a été forgé en 2007 par deux consultants suisses, Peter Werder et Philippe Rothlin.

Le mot se construit sur l’anglais bore, ennuyer, en écho à burn-out. La cause est inverse. Le salarié ne croule pas sous la charge : il n’a rien, ou presque rien, de consistant à faire.

D’où vient le terme bore-out ?

Werder et Rothlin le lancent dans un livre paru en allemand, Diagnose Boreout, dont le sous-titre résume la thèse : « pourquoi la sous-sollicitation au travail rend malade ». Ils décrivent trois composantes qui doivent se cumuler. L’ennui, d’abord. La sous-sollicitation, c’est-à-dire des tâches très en dessous des compétences. Le désintérêt, enfin, pour un travail qui ne mobilise plus. Prise isolément, aucune des trois ne fait un bore-out.

Le droit français ne connaît pas le mot. La jurisprudence, elle, l’a rencontré. Le 2 juin 2020, la cour d’appel de Paris (n° 18/05421) a jugé qu’un responsable des services généraux privé de tâches correspondant à sa qualification, et cantonné à des travaux subalternes, avait subi un harcèlement moral au sens de l’article L1152-1 du Code du travail. Son licenciement a été annulé.

Ce que le bore-out ne recouvre pas

Une période creuse. Une semaine calme, sur un poste par ailleurs intéressant, reste une semaine calme. Le bore-out suppose une situation qui dure et que le salarié vit comme une impasse. Elle s’accompagne souvent de honte, et donc d’efforts pour paraître occupé : c’est ce qui la rend difficile à repérer pour un manager.

Un diagnostic médical. Contrairement au burn-out, le bore-out n’a pas d’entrée dans la classification internationale des maladies de l’OMS. Un médecin qui prescrit un arrêt nommera le trouble constaté, anxieux ou dépressif par exemple, pas le bore-out.

Le brown-out. Le brown-out désigne la perte de sens, qui peut frapper un salarié très occupé. Le bore-out, lui, part d’un vide.

Une donnée chiffrée. Nous n’avons trouvé aucune statistique publique de prévalence du bore-out en France, et nous n’en publierons pas que nous ne pouvons pas sourcer.

Quand la mise à l’écart est organisée, la frontière avec le harcèlement moral devient mince, comme l’a montré l’arrêt de 2020. Pour les symptômes, la décision commentée en détail et les leviers de prévention, lisez notre article complet sur le bore-out, ou la comparaison entre bore-out, brown-out et burn-out.

Sources

  1. Diagnose Boreout. Warum Unterforderung im Job krank macht, Peter Werder et Philippe Rothlin, Redline Wirtschaft, 2007.
  2. « Bore-out » ou l'ennui au travail : une forme de harcèlement moral (CA Paris, 2 juin 2020, n° 18/05421), CMS Francis Lefebvre Avocats, 2020.
  3. Article L1152-1 du Code du travail, Légifrance, 2008.

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