Présentéisme : définition

Le présentéisme désigne le fait, pour un salarié, de venir travailler alors que son état de santé justifierait qu’il reste chez lui. Par extension, le terme désigne aussi une présence au travail sans engagement ni pleine possession de ses moyens.

C’est l’envers de l’absentéisme. Et il ne se voit dans aucun tableau de bord.

D’où vient le terme présentéisme ?

Le mot français correspond à l’anglais presenteeism, formé en miroir d’absenteeism. Dans un ouvrage collectif publié en 2018 par Cambridge University Press, Presenteeism at Work, Maria Karanika-Murray et Cary Cooper situent les premières études vers 1996, année où Cooper lui-même a introduit le terme. Il le décrivait alors comme le fait d’être au travail quand on devrait être chez soi, parce qu’on est malade ou parce qu’on travaille tant d’heures qu’on n’est plus efficace. Cette datation vient de l’un des auteurs concernés, et nous la donnons comme telle.

En France, le terme n’a pas de définition juridique. La définition de référence figure dans le guide sur le burn-out publié en mai 2015 par la Direction générale du travail, avec l’INRS et l’Anact : « Le présentéisme fait référence à un phénomène par lequel un travailleur va travailler alors que l’état de santé dans lequel il se trouve nécessiterait qu’il reste chez lui. »

Ce que le présentéisme recouvre

Le même guide distingue deux formes.

La première est le présentéisme pour maladie : venir travailler malade, avec de la fièvre, une douleur ou un épuisement qui justifierait un arrêt.

La seconde est une présence sans engagement. Le guide la décrit comme le fait d’être présent sur son lieu de travail « sans être complètement en possession de ses moyens », et cite la perte de concentration, la perte de sens ou la démission intérieure. Cette forme se rapproche de ce qu’on appelle aujourd’hui le quiet quitting.

Le guide range le présentéisme parmi les signaux collectifs, liés au temps de travail, qui peuvent traduire l’existence de risques psychosociaux. Il cite aussi une étude en sociologie de Denis Monneuse (Surprésentéisme, 2013), qui distingue sept profils : le dirigeant qui se veut exemplaire, le précaire, le passionné, l’indépendant sans remplaçant, le contraint, le solidaire et le malade chronique. Un salarié qui ne s’arrête jamais n’est pas forcément un salarié en bonne santé.

Ce que le présentéisme ne recouvre pas

Le présentéisme n’est pas un taux. Les registres d’absence ne le voient pas, par construction : un salarié présent n’y laisse aucune trace. Il faut donc le chercher par enquête, en demandant aux salariés s’ils sont venus travailler malades.

Ce n’est pas non plus un manque d’investissement à sanctionner. Dans sa première forme, c’est au contraire un excès de présence. Plusieurs des profils décrits par Monneuse, le passionné ou le solidaire, sont des salariés très engagés.

Enfin, il ne se confond pas avec les longues journées choisies par goût du métier. Ce qui le caractérise, c’est l’écart entre l’état de la personne et sa présence au poste.

Le lien entre présentéisme et épuisement professionnel est développé dans notre article de fond sur le burn-out. Le pendant chiffré, l’absence au travail, est documenté sur notre page Absentéisme en France : les chiffres 2026.

Sources

  1. Le syndrome d'épuisement professionnel ou burnout. Mieux comprendre pour mieux agir, Direction générale du travail, INRS et Anact, 2015.
  2. Presenteeism at Work, chapitre 1, Cambridge University Press, 2018.

À lire aussi dans « Santé mentale et RPS »

Voir toute la rubrique Santé mentale et RPS