Absentéisme en France : les chiffres 2026

Le taux d’absentéisme du secteur privé français atteint 4,3 % en 2025, en hausse de 25,5 % par rapport à 2019. Autrement dit, sur cent salariés, un peu plus de quatre sont absents chaque jour ouvré (Malakoff Humanis, baromètre publié le 11 juin 2026, calculé sur 3,8 millions de salariés).

Cette page compile les données disponibles sur l’absentéisme en France, leurs sources primaires et leurs limites. Elle fait partie de notre rubrique Chiffres et baromètres, révisée à chaque nouvelle édition des sources.

Les chiffres clés de l’absentéisme en 2025

IndicateurValeurAnnéeSource
Taux d’absentéisme, secteur privé4,3 %2025Malakoff Humanis
Évolution depuis 2019+ 25,5 %2019-2025Malakoff Humanis
Salariés arrêtés au moins une fois30,6 %2025Malakoff Humanis
Durée moyenne d’un arrêt23,7 jours2025Malakoff Humanis
Part des arrêts de plus de 60 jours9,4 % des arrêts2025Malakoff Humanis
Part des journées d’absence liées à ces arrêts longs63,8 %2025Malakoff Humanis
Progression annuelle des arrêts de plus de 60 jours+ 4,9 %2025Malakoff Humanis

Source : Malakoff Humanis – Données 2025 – Compilation bienetretravail.fr

Attention : ce taux porte sur le secteur privé uniquement, à partir des données de gestion d’un portefeuille de 3,8 millions de salariés. Il n’est pas transposable à la fonction publique, dont les régimes d’arrêt et les populations diffèrent.

Une poignée d’arrêts longs pèse les deux tiers de l’absentéisme

C’est le chiffre le plus utile de tout le baromètre, et le plus souvent ignoré.

Les arrêts de plus de 60 jours ne représentent que 9,4 % des arrêts prescrits, mais 63,8 % des journées d’absence. Neuf arrêts sur dix sont donc courts et ne pèsent presque rien dans le total.

Durée de l’arrêtPart des arrêtsPart des journées d’absence
Plus de 60 jours9,4 %63,8 %
60 jours et moins90,6 %36,2 %

Source : Malakoff Humanis – Données 2025 – Compilation bienetretravail.fr

Cette concentration a une conséquence directe sur l’action. Une politique qui cible les arrêts courts, contrôle médical ou journée de carence, agit sur un tiers du problème. Une politique qui cible les causes des arrêts longs, en tête desquels les troubles psychologiques, agit sur les deux tiers restants.

Les troubles psychologiques sont devenus le premier motif d’arrêt long

En 2025, 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours relèvent de troubles psychologiques, dépression et épuisement professionnel en tête. Ils devancent désormais les troubles musculo-squelettiques et les maladies courantes.

L’écart entre populations est marqué.

PopulationPart des arrêts longs liés à des troubles psychologiques
Cadres44,4 %
Non-cadres32,5 %
Femmes36,9 %
Hommes28,7 %

Source : Malakoff Humanis – Données 2025, arrêts de plus de 30 jours – Compilation bienetretravail.fr

Les cadres constituent la population dont l’absentéisme progresse le plus vite : + 35,2 % depuis 2019, contre + 25,5 % pour l’ensemble des salariés.

Attention : ces pourcentages portent sur les seuls arrêts de plus de 30 jours. Sur l’ensemble des arrêts, toutes durées confondues, les maladies courantes restent le premier motif.

L’âge change tout, mais pas dans le sens qu’on croit

Les salariés jeunes s’arrêtent plus souvent. Les salariés âgés s’arrêtent beaucoup plus longtemps.

Tranche d’âgeDurée moyenne d’arrêtParticularité
Moins de 30 ans12,4 joursArrêts fréquents et courts
Plus de 55 ans39,7 jours74 % des absences dépassent 60 jours

Source : Malakoff Humanis – Données 2025 – Compilation bienetretravail.fr

Chez les plus de 55 ans, près de trois quarts des journées d’absence relèvent d’arrêts longs. C’est cette population qui porte l’essentiel du coût, alors que le débat public se concentre le plus souvent sur la fréquence des arrêts chez les jeunes.

Pourquoi deux baromètres donnent des chiffres très différents

C’est la question que pose tout lecteur attentif, et elle mérite une réponse claire.

Selon le baromètre Malakoff Humanis publié en 2026, 30,6 % des salariés ont eu au moins un arrêt en 2025. Selon l’édition précédente du même baromètre, publiée en 2025, 42 % des salariés avaient eu au moins un arrêt en 2024. La chute est trop brutale pour être réelle.

L’explication tient à la méthode. Les deux chiffres ne sont pas produits de la même façon :

  • Le 42 % provient d’une enquête déclarative, menée auprès d’un échantillon de salariés interrogés sur leur année écoulée.
  • Le 30,6 % provient des données de gestion d’un portefeuille de 3,8 millions de salariés, c’est-à-dire des arrêts réellement enregistrés.

Un salarié interrogé déclare plus d’arrêts que les registres n’en comptent, notamment parce qu’il inclut des absences non prescrites ou mal datées. Les deux mesures sont valides, elles ne répondent simplement pas à la même question.

La règle de lecture : pour un benchmark d’entreprise, retenez les données de gestion. Pour comprendre le vécu des salariés, retenez le déclaratif. Ne les comparez jamais entre eux.

Du côté employeur, le baromètre Ayming et OpinionWay apporte une troisième mesure, de perception cette fois : 49 % des professionnels RH jugent leur taux d’absentéisme élevé ou très élevé.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Trois limites, que nous signalons plutôt que de les contourner.

Le taux ne se convertit pas simplement en jours. Un taux de 4,3 % ne permet pas de calculer un nombre de jours d’absence par salarié sans connaître le dénominateur exact retenu, jours calendaires ou jours ouvrés. Les figures publiées par le baromètre ne se réconcilient d’ailleurs pas arithmétiquement entre elles : la part de salariés arrêtés multipliée par la durée moyenne ne redonne pas le taux global. Le détail méthodologique permettant cette réconciliation n’est pas publié.

Il n’existe pas de statistique publique du coût de l’absentéisme. Les estimations qui circulent, souvent autour de plusieurs dizaines de milliards d’euros, proviennent de cabinets privés et reposent sur des hypothèses de valorisation qui leur sont propres. Nous ne les reprenons pas tant que leur méthode n’est pas publiée.

Le burn-out n’est pas isolable dans les statistiques d’arrêt. Les arrêts sont codés par grandes familles de pathologies. « Troubles psychologiques » agrège dépression, troubles anxieux et épuisement professionnel, sans les distinguer. Aucun chiffre officiel ne dit combien d’arrêts relèvent spécifiquement d’un burn-out.

Méthodologie

Sources retenues. Le baromètre annuel Malakoff Humanis sert de référence principale : c’est la seule source publique portant sur un volume de données de gestion suffisant, 3,8 millions de salariés du privé, avec une série continue depuis 2019. Le baromètre Ayming et OpinionWay complète sur la perception employeur.

Sources écartées. Nous n’avons pas retenu les estimations de coût produites par des cabinets de conseil sans publication de méthode, ni les taux d’absentéisme communiqués par des éditeurs de logiciels sur leur propre base clients, dont la représentativité n’est pas établie.

Périmètre. Sauf mention contraire, les chiffres portent sur le secteur privé français, hors fonction publique, et incluent les arrêts maladie, les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Mise à jour. Cette page est révisée à chaque nouvelle édition du baromètre Malakoff Humanis, publié en juin.

Comment citer cette page

« Absentéisme en France : les chiffres 2026 », bienetretravail.fr, mis à jour le 20 septembre 2026, https://www.bienetretravail.fr/absenteisme-chiffres/

Les données de cette page sont librement reprenables en citant la source et en indiquant un lien vers cette page. Notre méthode de collecte est décrite sur la page Méthodologie.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quel est le taux d'absentéisme moyen en France ?

Il s'établit à 4,3 % dans le secteur privé en 2025, selon le baromètre Malakoff Humanis publié en juin 2026 et calculé sur 3,8 millions de salariés. Ce taux était de 3,4 % en 2019, soit une hausse de 25,5 % en six ans.

Comment calcule-t-on un taux d'absentéisme ?

On divise le nombre de jours d'absence par le nombre de jours théoriquement travaillés sur la période, puis on multiplie par 100. Le résultat dépend fortement du dénominateur retenu, jours calendaires ou jours ouvrés, et des motifs d'absence inclus ou exclus, notamment la maternité.

Quelle est la durée moyenne d'un arrêt de travail ?

23,7 jours en 2025, tous motifs confondus. Cette moyenne masque des écarts considérables : 12,4 jours chez les moins de 30 ans contre 39,7 jours chez les plus de 55 ans.

Quelle est la première cause d'arrêt de travail longue durée ?

Les troubles psychologiques, qui représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025. Ils devancent désormais les troubles musculo-squelettiques et les maladies courantes.

L'absentéisme augmente-t-il en France ?

Oui sur le moyen terme : le taux a progressé de 25,5 % entre 2019 et 2025. Mais il se stabilise sur les dernières années, autour de 4,3 %. Ce sont les arrêts longs qui continuent de progresser, à hauteur de 4,9 % par an.

Sources

  1. Baromètre annuel Absentéisme, 15e édition, Malakoff Humanis, 2026.
  2. Baromètre de l'Absentéisme et de l'Engagement, Ayming et OpinionWay, 2025.
  3. Épuisement professionnel ou burnout : ce qu'il faut retenir, INRS, 2025.
  4. Arrêt de travail pour maladie d'un salarié, Service-Public.gouv.fr, 2026.

À lire aussi dans « Chiffres et baromètres »

Voir toute la rubrique Chiffres et baromètres