Un salarié français sur deux est en état de détresse psychologique en mai 2026, dont 16 % en détresse psychologique élevée (Empreinte Humaine et Ipsos BVA). C’est le niveau le plus haut mesuré depuis la création du baromètre en 2020, crise sanitaire comprise.
La détresse psychologique n’est pas le burn-out. C’est un indicateur plus large, qui le précède souvent. Cette page rassemble les données disponibles sur l’épuisement professionnel en France, leurs sources, et surtout leurs limites. Elle appartient à notre rubrique Chiffres et baromètres.
Les chiffres clés du burn-out en 2026
| Indicateur | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Salariés en détresse psychologique | 50 % | mai 2026 | Empreinte Humaine et Ipsos BVA |
| Dont détresse psychologique élevée | 16 % | mai 2026 | Empreinte Humaine et Ipsos BVA |
| Évolution de la détresse depuis novembre 2025 | + 3 points | 2025-2026 | Empreinte Humaine et Ipsos BVA |
| Salariés en risque de burn-out | 31 % | février-mars 2025 | Empreinte Humaine et OpinionWay |
| Dont risque de burn-out sévère | 10 % | février-mars 2025 | Empreinte Humaine et OpinionWay |
| Affections psychiques prises en charge en maladie professionnelle | 1 805 | 2024 | Assurance Maladie |
| Part des troubles psychologiques dans les arrêts de plus de 30 jours | 37,8 % | 2025 | Malakoff Humanis |
Source : Empreinte Humaine, Ipsos BVA, OpinionWay, Assurance Maladie, Malakoff Humanis – Données 2024 à 2026 – Compilation bienetretravail.fr
Attention : les pourcentages Empreinte Humaine proviennent d’enquêtes déclaratives. L’édition de mai 2026 a interrogé 2 000 salariés entre le 4 et le 18 mai, selon la méthode des quotas. Elle mesure un état auto-évalué, pas un diagnostic posé par un médecin. Les pages de résultats ne précisent pas l’échelle de mesure utilisée.
Le risque de burn-out date de 2025. Ce n’est pas un oubli : la page de résultats de mai 2026 ne le publie pas, et nous expliquons plus bas pourquoi nous ne reprenons pas le chiffre qui circule.
Comment la détresse psychologique a évolué depuis 2022
| Édition | Recueil | Institut | Détresse psychologique | Dont détresse élevée | Burn-out sévère |
|---|---|---|---|---|---|
| T10 | 20-30 juin 2022 | OpinionWay | 41 % | 14 % | 13 % |
| T11 | 7-17 février 2023 | OpinionWay | 44 % | 14 % | 10 % |
| T12 | 17-27 octobre 2023 | OpinionWay | 48 % | 17 % | non publié |
| T13 | mai-juin 2024 | OpinionWay | 42 % | 15 % | 11 % |
| T14 | 27 février-18 mars 2025 | OpinionWay | 45 % | 13 % | 10 % |
| T15 | 27 octobre-4 novembre 2025 | Ipsos BVA | 47 % | 14 % | non publié |
| T16 | 4-18 mai 2026 | Ipsos BVA | 50 % | 16 % | non publié |
Source : Empreinte Humaine, OpinionWay, Ipsos BVA – Données 2022 à 2026, échantillons d’environ 2 000 salariés par édition – Compilation bienetretravail.fr
Attention : en juin 2022, la page de résultats parle de « burn-out sévère ». Les éditions suivantes parlent de « risque de burn-out sévère ». Le tableau commence en juin 2022 : c’est la plus ancienne édition dont nous avons pu lire les résultats sur le site d’Empreinte Humaine.
Le record de mai 2026 dépasse de deux points celui d’octobre 2023. La hausse depuis 2024 est nette. Mais la série oscille depuis quatre ans entre 41 % et 50 %, et la part en détresse élevée bouge peu, entre 13 % et 17 %. Une édition isolée ne fait pas une tendance.
Un détail compte pour lire la fin de série : le baromètre a changé d’institut en novembre 2025, d’OpinionWay à Ipsos BVA. Les pages de résultats ne disent pas si la méthode a été ajustée à cette occasion.
Qui est touché, et ce que la répartition révèle
La page de résultats de mai 2026 ne détaille pas la détresse par âge, par sexe ni par fonction. Les répartitions vérifiables viennent des éditions précédentes.
| Population | Indicateur | Valeur | Ensemble des salariés | Recueil |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 30 ans | Détresse psychologique | 55 % | 47 % | octobre-novembre 2025 |
| 30-39 ans | Détresse psychologique | 54 % | 45 % | février-mars 2025 |
| Moins de 30 ans | Risque de burn-out sévère | 17 % | 11 % | mai-juin 2024 |
| Managers qui doivent de plus en plus prendre en compte les problèmes personnels de leurs équipes | Détresse psychologique | 51 % | 45 % | février-mars 2025 |
Source : Empreinte Humaine, OpinionWay, Ipsos BVA – Données 2024 et 2025 – Compilation bienetretravail.fr
Deux résultats méritent qu’on s’y arrête.
Les managers qui absorbent les difficultés personnelles de leurs équipes dépassent la moyenne de six points. Sept managers sur dix sont dans ce cas en 2025. C’est contre-intuitif quand on associe l’épuisement à un manque d’autonomie, puisque le manager en a davantage. L’explication tient à une autre famille de facteurs identifiée par le rapport Gollac, les exigences émotionnelles : le manager encaisse les tensions des deux côtés de la ligne hiérarchique.
Les jeunes salariés sont plus touchés que la moyenne alors qu’ils s’arrêtent moins longtemps. Leur durée moyenne d’arrêt est de 12,4 jours, contre 39,7 jours chez les plus de 55 ans (Malakoff Humanis, 2025). Détresse élevée et arrêts courts : ils encaissent plutôt qu’ils ne s’arrêtent.
Ce que les arrêts de travail montrent, et ce qu’ils cachent
Les données déclaratives disent ce que les gens ressentent. Les données d’arrêt disent ce qui est enregistré. Les deux divergent.
| Population | Part des arrêts de plus de 30 jours liés à des troubles psychologiques |
|---|---|
| Cadres | 44,4 % |
| Non-cadres | 32,5 % |
| Femmes | 36,9 % |
| Hommes | 28,7 % |
| Ensemble | 37,8 % |
Source : Malakoff Humanis – Données 2025, arrêts de plus de 30 jours – Compilation bienetretravail.fr
L’absentéisme des cadres progresse de 35,2 % depuis 2019, plus vite que celui de l’ensemble des salariés, qui augmente de 25,5 %. Le détail figure sur notre page chiffres de l’absentéisme.
Combien d’affections psychiques sont reconnues en maladie professionnelle ?
L’Assurance Maladie a pris en charge 1 805 affections psychiques liées au travail en 2024, en premier règlement, contre 840 en 2020. Le nombre a plus que doublé en quatre ans, et progresse encore de 9 % entre 2023 et 2024.
| Affection | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|
| Dépression | 656 | 1 016 | 1 108 | 1 270 | 1 310 |
| Anxiété et stress | 168 | 241 | 301 | 352 | 450 |
| Autres affections psychiques | 16 | 27 | 23 | 33 | 45 |
| Total | 840 | 1 284 | 1 432 | 1 655 | 1 805 |
| Évolution annuelle | + 13 % | + 53 % | + 12 % | + 16 % | + 9 % |
Source : Assurance Maladie, rapport annuel Risques professionnels – Données 2020 à 2024, régime général – Compilation bienetretravail.fr
Les dépressions représentent 73 % des cas en 2024. Les anxiétés et le stress progressent plus vite : 450 cas, contre 168 en 2020.
Aucune de ces affections ne figure dans un tableau de maladie professionnelle. Elles passent par la voie dite hors tableau, prévue à l’article L461-1 du Code de la sécurité sociale. Deux conditions : une incapacité permanente d’au moins 25 % ou un décès, seuil fixé par l’article R461-8, et un lien « direct et essentiel » avec le travail, établi par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, le CRRMP. Le comité dispose de quatre mois pour se prononcer.
| Année | Avis rendus par les CRRMP sur des affections psychiques | Dont avis favorables | Part d’avis favorables |
|---|---|---|---|
| 2020 | 3 010 | 1 441 | 48 % |
| 2021 | 3 260 | 1 566 | 48 % |
| 2022 | 3 957 | 1 838 | 46 % |
| 2023 | 5 176 | 2 291 | 44 % |
| 2024 | 6 092 | 2 617 | 43 % |
Source : Assurance Maladie, données nationales des CRRMP du régime général – Données 2020 à 2024 – Compilation bienetretravail.fr, parts calculées par la rédaction sauf 2024
Attention : les 2 617 avis favorables de 2024 ne se comparent pas aux 1 805 affections prises en charge. Les premiers sont comptés à la date de l’avis, les secondes à la date du premier règlement, et l’Assurance Maladie signale elle-même l’écart de méthode.
La hausse des reconnaissances vient d’une hausse des demandes, pas d’un assouplissement. Les avis rendus ont doublé entre 2020 et 2024, et la part d’avis favorables a reculé de 48 % à 43 %. Les comités disent oui moins souvent qu’avant.
Les profils diffèrent de ceux des enquêtes. En 2024, 63 % des demandes de reconnaissance émanent de femmes, et 58 % des salariés reconnus ont plus de 50 ans. Les directeurs et cadres de direction représentent 31 % des dossiers reconnus. La dépense correspondante atteint environ 261 millions d’euros en 2024, répartis entre rentes et capitaux pour incapacité permanente (53 %) et indemnités journalières (47 %).
Attention : ces chiffres couvrent toutes les affections psychiques liées au travail, pas les seuls burn-out, qu’aucune statistique ne permet d’isoler. L’Assurance Maladie précise que les manifestations du burn-out « sont majoritairement des dépressions graves ou des syndromes anxieux ».
Pourquoi aucun chiffre officiel ne compte les burn-out
C’est la question que tout le monde pose, et la réponse est structurelle.
Le burn-out n’est pas un diagnostic médical autonome en France. L’Organisation mondiale de la santé le classe dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail, pas comme une maladie. L’INRS le définit comme « un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique », avec trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou le cynisme, et le sentiment de non-accomplissement personnel.
Conséquence pratique : un arrêt de travail consécutif à un épuisement professionnel est codé comme trouble psychologique, dans la même case qu’une dépression ou un trouble anxieux. Aucune administration ne peut donc dire combien d’arrêts relèvent d’un burn-out. Les statistiques de maladie professionnelle ont la même limite, puisqu’elles reconnaissent la dépression ou l’anxiété, jamais le burn-out en tant que tel.
C’est pourquoi tous les chiffres de prévalence qui circulent viennent d’enquêtes déclaratives privées, et pourquoi ils varient fortement d’une enquête à l’autre selon l’échelle retenue.
Les chiffres que nous ne publions pas
Quatre familles de données circulent largement sans que nous puissions remonter à leur source primaire.
Le risque de burn-out de mai 2026. Plusieurs médias ont repris, en juin 2026, 32 % de salariés en risque de burn-out, dont 11 % en risque sévère, et un risque de burn-out sévère « deux fois plus élevé » qu’avant la crise sanitaire. Ces chiffres ne figurent pas sur la page de résultats publiée par Empreinte Humaine, et l’infographie complète n’est remise que sur demande. Le baromètre ayant été créé en 2020, la référence d’avant-crise n’y est pas non plus documentée. Même chose pour les répartitions par âge et par sexe de mai 2026 citées dans la presse. Nous les publierons quand nous pourrons les lire sur un document de l’étude. Ne pas confondre ces chiffres avec les 16 % de détresse psychologique élevée, qui sont une autre mesure.
Le nombre absolu de burn-out. Les estimations en millions de personnes s’obtiennent en appliquant un pourcentage d’enquête à la population active. L’opération est arithmétiquement correcte et méthodologiquement douteuse : elle transforme un risque déclaré en nombre de malades.
Le coût du burn-out. Les montants avancés reposent sur des hypothèses de valorisation propres à chaque cabinet, rarement publiées. Le seul montant documenté porte sur les affections psychiques reconnues en maladie professionnelle, présenté plus haut.
La durée moyenne d’un arrêt pour burn-out. Elle n’est pas mesurable, pour la raison exposée plus haut. Les durées qui circulent proviennent d’extractions dont le périmètre n’est pas documenté.
Méthodologie
Sources retenues. Le baromètre Empreinte Humaine est retenu pour sa série continue depuis 2020, son échantillon d’environ 2 000 salariés par édition et la publication de ses résultats édition par édition. Nous ne reprenons que les chiffres lisibles sur ses pages de résultats. Le baromètre Malakoff Humanis complète sur les arrêts réellement enregistrés, à partir des données de gestion de 3,8 millions de salariés. Le rapport annuel Risques professionnels de l’Assurance Maladie, publié en novembre 2025, fournit les seules données administratives sur les affections psychiques reconnues.
Sources écartées. Les estimations de prévalence produites par des acteurs commercialisant des solutions de santé mentale, lorsque leur questionnaire n’est pas publié. Les chiffres repris de seconde main sans référence à l’étude d’origine, y compris lorsqu’ils sont attribués à une source sérieuse : c’est le cas du risque de burn-out de mai 2026.
Trois mesures différentes. Une enquête déclarative mesure un ressenti à un instant donné. Les données d’arrêt mesurent un comportement enregistré. Les données de maladie professionnelle mesurent ce qu’une procédure exigeante a reconnu, avec un seuil de gravité élevé. Elles ne se comparent pas et ne se substituent pas l’une à l’autre.
Comment citer cette page
« Burn-out en France : les chiffres 2026 », bienetretravail.fr, mis à jour le 5 octobre 2026, https://www.bienetretravail.fr/burn-out-chiffres/
Nos données sont librement reprenables en citant la source et en indiquant un lien vers cette page. Notre méthode est décrite sur la page Méthodologie.
Pour aller plus loin
- Burn-out : définition, symptômes, causes et prévention, notre dossier de référence sur le syndrome.
- Risques psychosociaux : les six facteurs à évaluer, le cadre de prévention dans lequel s’inscrit le burn-out.
- Arrêt maladie pour burn-out : durée, salaire et droits, le versant salarié.
- Santé mentale des salariés : les chiffres 2026, dépression, anxiété et détresse au-delà du seul burn-out.
- Bore-out : définition, symptômes et ce que dit la justice, l’épuisement par l’ennui.
