Burn-out en France : les chiffres 2026

Un salarié français sur deux déclare être en détresse psychologique en mai 2026. C’est le niveau le plus élevé mesuré depuis le lancement du baromètre Empreinte Humaine en mars 2020, crise sanitaire comprise. Parmi eux, 32 % présentent un risque de burn-out et 11 % un risque sévère.

Cette page rassemble les données disponibles sur l’épuisement professionnel en France, leurs sources, et surtout leurs limites. Elle appartient à notre rubrique Chiffres et baromètres.

Les chiffres clés du burn-out en 2026

IndicateurValeurAnnéeSource
Salariés en détresse psychologique50 %mai 2026Empreinte Humaine et Ipsos BVA
Salariés en risque de burn-out32 %mai 2026Empreinte Humaine et Ipsos BVA
Dont risque sévère11 %mai 2026Empreinte Humaine et Ipsos BVA
Évolution du risque depuis 2019multiplié par 22019-2026Empreinte Humaine et Ipsos BVA
Part des troubles psychologiques dans les arrêts de plus de 30 jours37,8 %2025Malakoff Humanis

Source : Empreinte Humaine et Ipsos BVA, Malakoff Humanis – Données 2025 et 2026 – Compilation bienetretravail.fr

Attention : ces pourcentages proviennent d’une enquête déclarative menée auprès de 2 000 salariés entre le 4 et le 18 mai 2026. Ils mesurent un risque auto-évalué à l’aide d’échelles psychométriques, pas un diagnostic posé par un médecin.

Qui est touché, et ce que la répartition révèle

PopulationPart en détresse psychologique
Salariés de moins de 29 ans55 %
Salariés de plus de 60 ans60 %
Femmes53 %
Managers52 %
Ensemble des salariés50 %

Source : Empreinte Humaine et Ipsos BVA – Données mai 2026 – Compilation bienetretravail.fr

Deux résultats méritent qu’on s’y arrête.

Les managers dépassent la moyenne. C’est contre-intuitif quand on associe l’épuisement à un manque d’autonomie, puisque le manager en a davantage. L’explication tient à une autre famille de facteurs identifiée par le rapport Gollac, les exigences émotionnelles : le manager absorbe les tensions des deux côtés de la ligne hiérarchique.

Les jeunes salariés sont plus touchés que la moyenne alors qu’ils s’arrêtent moins longtemps. Leur durée moyenne d’arrêt est de 12,4 jours, contre 39,7 jours chez les plus de 55 ans. Détresse élevée et arrêts courts : ils encaissent plutôt qu’ils ne s’arrêtent.

Ce que les arrêts de travail montrent, et ce qu’ils cachent

Les données déclaratives disent ce que les gens ressentent. Les données d’arrêt disent ce qui est enregistré. Les deux divergent.

PopulationPart des arrêts de plus de 30 jours liés à des troubles psychologiques
Cadres44,4 %
Non-cadres32,5 %
Femmes36,9 %
Hommes28,7 %
Ensemble37,8 %

Source : Malakoff Humanis – Données 2025, arrêts de plus de 30 jours – Compilation bienetretravail.fr

L’absentéisme des cadres progresse de 35,2 % depuis 2019, plus vite que celui de l’ensemble des salariés, qui augmente de 25,5 %. Le détail figure sur notre page chiffres de l’absentéisme.

Pourquoi aucun chiffre officiel ne compte les burn-out

C’est la question que tout le monde pose, et la réponse est structurelle.

Le burn-out n’est pas un diagnostic médical autonome en France. L’Organisation mondiale de la santé le classe dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail, pas comme une maladie. L’INRS le définit comme « un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique », avec trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou le cynisme, et le sentiment de non-accomplissement personnel.

Conséquence pratique : un arrêt de travail consécutif à un épuisement professionnel est codé comme trouble psychologique, dans la même case qu’une dépression ou un trouble anxieux. Aucune administration ne peut donc dire combien d’arrêts relèvent d’un burn-out.

C’est pourquoi tous les chiffres qui circulent viennent d’enquêtes déclaratives privées, et pourquoi ils varient fortement d’une enquête à l’autre selon l’échelle psychométrique retenue.

Les chiffres que nous ne publions pas

Trois familles de données circulent largement sans que nous puissions remonter à leur source.

Le nombre absolu de burn-out. Les estimations en millions de personnes s’obtiennent en appliquant un pourcentage d’enquête à la population active. L’opération est arithmétiquement correcte et méthodologiquement douteuse : elle transforme un risque déclaré en nombre de malades.

Le coût du burn-out. Les montants avancés reposent sur des hypothèses de valorisation propres à chaque cabinet, rarement publiées.

La durée moyenne d’un arrêt pour burn-out. Elle n’est pas mesurable, pour la raison exposée plus haut. Les durées qui circulent proviennent d’extractions dont le périmètre n’est pas documenté.

Méthodologie

Sources retenues. Le baromètre Empreinte Humaine, réalisé avec Ipsos BVA, est retenu pour sa série continue depuis mars 2020, sa méthodologie publiée et sa taille d’échantillon. Le baromètre Malakoff Humanis complète sur les arrêts réellement enregistrés, à partir des données de gestion de 3,8 millions de salariés.

Sources écartées. Les estimations de prévalence produites par des acteurs commercialisant des solutions de santé mentale, lorsque leur questionnaire n’est pas publié. Les chiffres repris de seconde main sans référence à l’étude d’origine.

Deux mesures différentes. Une enquête déclarative mesure un ressenti à un instant donné. Les données d’arrêt mesurent un comportement enregistré. Elles ne se comparent pas et ne se substituent pas l’une à l’autre.

Comment citer cette page

« Burn-out en France : les chiffres 2026 », bienetretravail.fr, mis à jour le 20 septembre 2026, https://www.bienetretravail.fr/burn-out-chiffres/

Nos données sont librement reprenables en citant la source et en indiquant un lien vers cette page. Notre méthode est décrite sur la page Méthodologie.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Combien de personnes font un burn-out en France ?

Personne ne le sait précisément, et aucune administration ne le mesure. Les enquêtes déclaratives estiment à 32 % la part des salariés en risque de burn-out en 2026, dont 11 % en risque sévère (Empreinte Humaine et Ipsos BVA, juin 2026). Ce sont des risques déclarés, pas des diagnostics posés.

Le burn-out augmente-t-il en France ?

Oui par rapport à l'avant-crise sanitaire : le risque mesuré est deux fois plus élevé qu'en 2019. La part de salariés en détresse psychologique atteint son record en mai 2026, à 50 %.

Quelles populations sont les plus touchées ?

Les moins de 29 ans, à 55 % en détresse psychologique, les femmes à 53 % et les managers à 52 %. Chez les cadres, les troubles psychologiques représentent 44,4 % des arrêts de plus de 30 jours.

Pourquoi n'existe-t-il pas de chiffre officiel du burn-out ?

Parce que le burn-out n'est pas un diagnostic médical autonome en France. Les arrêts de travail sont codés par grandes familles de pathologies : un arrêt pour épuisement professionnel est enregistré comme trouble psychologique, indistinguable d'une dépression.

Combien de burn-out sont reconnus en maladie professionnelle ?

Très peu, parce que le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle. La reconnaissance passe par un comité régional et suppose un taux d'incapacité permanente d'au moins 25 %.

Sources

  1. Baromètre de la santé psychologique des salariés français, 16e édition, Empreinte Humaine et Ipsos BVA, 2026.
  2. Baromètre annuel Absentéisme, 15e édition, Malakoff Humanis, 2026.
  3. Épuisement professionnel ou burnout : ce qu'il faut retenir, INRS, 2025.
  4. Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser, Collège d'expertise présidé par Michel Gollac et Marceline Bodier, 2010.

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