Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt de travail initial est limité à un mois et chaque prolongation à deux mois, sauf si le médecin motive une durée plus longue sur la prescription. Cette règle, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisée par un décret paru au Journal officiel le 13 juin 2026, s’applique à tous les arrêts, y compris ceux liés à l’épuisement professionnel.
Cette page explique ce que vous touchez, combien de temps, ce que votre employeur apprend et ce qu’il ne peut pas faire. Elle fait partie de notre rubrique Salariés.
Combien de temps peut durer un arrêt pour burn-out ?
Il n’existe pas de durée type, et méfiez-vous des sites qui en annoncent une.
Le médecin fixe la durée selon votre état. Depuis le 1er septembre 2026, il est encadré par deux plafonds :
| Type de prescription | Durée maximale | Exception |
|---|---|---|
| Arrêt initial | 1 mois | Le prescripteur peut aller au-delà en motivant la nécessité directement sur la prescription |
| Prolongation | 2 mois | Même possibilité de dérogation motivée |
Source : décret du 13 juin 2026, applicable au 1er septembre 2026 – Compilation bienetretravail.fr
Ces plafonds concernent la prescription, pas la durée totale de votre arrêt. Un arrêt pour épuisement professionnel qui dure six mois reste parfaitement possible : il se compose alors d’un arrêt initial suivi de prolongations successives.
Ce que l’on peut dire des durées réelles, c’est que les arrêts d’origine psychologique sont parmi les plus longs. Ils représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025, contre une part bien plus faible sur les arrêts courts. Le détail figure sur notre page chiffres de l’absentéisme.
Attention : aucune statistique publique ne donne la durée moyenne d’un arrêt spécifiquement pour burn-out. Les arrêts sont codés par familles de pathologies, et le burn-out n’a pas de code propre. Les durées moyennes qui circulent proviennent d’estimations dont la source primaire n’est pas publique.
Combien touchez-vous pendant l’arrêt ?
Deux versements peuvent se cumuler : celui de la Sécurité sociale et celui de votre employeur.
Les indemnités journalières de la Sécurité sociale
| Élément | Règle applicable en 2026 |
|---|---|
| Délai de carence | 3 jours. Les indemnités démarrent au 4e jour |
| Montant | 50 % du salaire journalier de base |
| Plafond | 42,97 € brut par jour |
| Calcul du salaire de base | Total des 3 derniers salaires bruts divisé par 91,25 |
| Salaire pris en compte | Plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 613,82 € en 2026 |
Source : Service-Public.gouv.fr – Données 2026 – Compilation bienetretravail.fr
Le plafonnement du salaire de référence à 1,4 SMIC s’applique aux arrêts débutés à compter du 1er avril 2025. Auparavant, le plafond était de 1,8 SMIC. Concrètement, au-delà d’environ 2 600 € bruts mensuels, votre indemnité n’augmente plus.
Le complément versé par l’employeur
La loi impose un maintien partiel de salaire après un an d’ancienneté, et de nombreuses conventions collectives vont au-delà, parfois jusqu’au maintien intégral. Pour connaître votre situation, cherchez la rubrique « maladie » de votre convention collective, dont l’intitulé figure sur votre bulletin de paie.
Pour déclencher ce complément, vous devez transmettre votre arrêt à votre employeur dans les 48 heures.
Combien de temps êtes-vous indemnisé ?
C’est la limite que beaucoup découvrent trop tard.
| Situation | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Cas général | 12 mois sur une période de 3 ans glissants |
| Affection de longue durée reconnue | 3 ans, renouvelable après un an de reprise du travail |
Source : Service-Public.gouv.fr – Données 2026 – Compilation bienetretravail.fr
La période de 3 ans est glissante, pas calendaire. Elle se calcule de date à date en remontant depuis le jour considéré. Si vous avez déjà été arrêté dans les trois années précédentes, ces jours comptent dans votre compteur.
Un burn-out sévère peut dépasser douze mois d’arrêt. Dans ce cas, la demande de reconnaissance en affection de longue durée devient déterminante : c’est elle qui fait passer le plafond de 12 mois à 3 ans. Elle se demande par le médecin traitant auprès du service médical de la caisse.
Votre employeur connaît-il le motif ?
Non, et c’est une question qui revient constamment.
L’arrêt de travail comporte plusieurs volets. Les deux premiers, qui portent le motif médical, partent à la caisse primaire d’assurance maladie. Le troisième, destiné à l’employeur, ne mentionne que les dates. Votre employeur sait que vous êtes arrêté et jusqu’à quand. Il ne sait pas pourquoi.
Le secret médical couvre également le médecin du travail. Si vous le consultez, ce que vous lui dites ne remonte pas à votre direction. Il peut en revanche proposer des aménagements de poste, sans en expliquer la cause médicale.
Que peut faire, et ne pas faire, votre employeur
Ce qu’il peut faire. Demander une contre-visite médicale à domicile, s’il verse un complément de salaire. Vous convoquer à une visite de reprise après un arrêt d’au moins 30 jours, obligation qui lui incombe. Vous licencier pour un motif totalement étranger à votre état de santé.
Ce qu’il ne peut pas faire. Vous licencier en raison de votre état de santé : un tel licenciement est nul. Vous demander votre diagnostic. Vous contacter de façon insistante pour des questions de travail pendant l’arrêt.
Sur ce dernier point, la frontière est utile à connaître. Un employeur peut vous joindre pour une information strictement administrative. Il ne peut pas vous confier de tâches ni exiger de réponses professionnelles : vous êtes en suspension de contrat.
La question du licenciement pour absence prolongée mérite une précision. Il reste possible dans certaines conditions, mais si l’absence prolongée résulte elle-même d’une dégradation de santé causée par l’employeur, le licenciement encourt la nullité. La cour d’appel de Paris l’a jugé ainsi le 2 juin 2020 dans une affaire de mise à l’écart, détaillée dans notre article sur le bore-out.
Faire reconnaître le burn-out en maladie professionnelle
C’est possible, mais la voie est étroite, et il vaut mieux le savoir avant de s’y engager.
Le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle. Il ne bénéficie donc pas de la présomption d’origine professionnelle qui s’applique, par exemple, à certains troubles musculo-squelettiques.
La reconnaissance passe par la procédure dite du système complémentaire :
- Vous déposez une déclaration de maladie professionnelle auprès de votre caisse, avec un certificat médical initial établi par votre médecin.
- La caisse saisit un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, composé de médecins.
- Le comité examine le lien direct et essentiel entre votre pathologie et votre travail habituel.
Condition d’entrée dans cette procédure : votre incapacité permanente prévisible doit atteindre au moins 25 %. C’est ce seuil qui explique le faible nombre de reconnaissances : il suppose des séquelles lourdes et durables.
L’INRS rappelle que le burn-out se caractérise par trois dimensions, « l’épuisement émotionnel », « la dépersonnalisation ou le cynisme » et « le sentiment de non-accomplissement personnel ». Ces dimensions structurent l’évaluation médicale, mais ne constituent pas à elles seules un diagnostic ouvrant droit à reconnaissance.
Préparer la reprise
La visite de pré-reprise est le dispositif le plus utile et le moins connu.
Vous pouvez la demander vous-même, pendant votre arrêt, auprès du médecin du travail. Elle n’est pas une visite de reprise : elle sert à préparer votre retour et permet au médecin de proposer un aménagement de poste, un temps partiel thérapeutique ou une reconversion, avant que vous ne repreniez.
La visite de reprise, elle, est obligatoire après un arrêt d’au moins 30 jours pour maladie non professionnelle. Elle incombe à l’employeur, qui doit l’organiser dans les huit jours suivant votre retour.
Le temps partiel thérapeutique permet de reprendre progressivement en conservant une indemnisation partielle. Il se prescrit par le médecin traitant et s’accorde par la caisse.
Reprendre au même poste, dans la même organisation, avec la même charge, expose à la rechute. Si le travail a causé l’épuisement, la reprise doit changer quelque chose au travail.