TMS (troubles musculosquelettiques) : définition

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des atteintes de l’appareil locomoteur dont la survenue peut être favorisée par l’activité professionnelle. Ils touchent les muscles, les tendons et les nerfs, surtout au cou, aux épaules, aux coudes et aux poignets, et représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues en France (INRS, 2025).

Le sigle est une étiquette de prévention, pas un diagnostic. Derrière lui, le médecin nomme une affection précise : syndrome du canal carpien, tendinopathie de la coiffe des rotateurs à l’épaule, épicondylite au coude, hygroma du genou.

Qu’est-ce qui provoque un TMS ?

L’INRS distingue deux familles de facteurs. Les facteurs biomécaniques sont les plus visibles : efforts physiques, postures contraignantes, gestes répétitifs. Les facteurs psychosociaux le sont moins. Intensité et complexité du travail, horaires, faible autonomie : ils pèsent aussi, ce qui relie les TMS aux risques psychosociaux. Une contrainte de cadence agit à la fois sur le geste et sur la tension.

La reconnaissance passe surtout par le tableau n° 57 du régime général, « affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail », créé par décret le 2 novembre 1972 et révisé pour la dernière fois en mai 2017. Le nombre de cas reconnus à ce titre s’est stabilisé autour de 40 000 par an à partir de 2012, selon l’INRS. D’autres tableaux complètent : le n° 69 pour les vibrations transmises aux mains et aux bras, le n° 79 pour les lésions chroniques du ménisque, le n° 98 pour les affections du bas du dos liées à la manutention de charges lourdes.

Le coût se lit en journées. En 2021, les TMS des membres supérieurs et inférieurs indemnisés ont entraîné la perte de plus de 11 millions de journées de travail, selon l’INRS. C’est l’argument qui parle à une direction financière, bien plus que le pourcentage.

Ce que le terme TMS ne recouvre pas

Une reconnaissance automatique. Le tableau 57 fixe des conditions précises : délai de prise en charge, durée d’exposition, liste de travaux. Hors de ces conditions, la reconnaissance reste possible, mais il faut établir que la maladie est directement causée par le travail habituel (article L461-1 du Code de la sécurité sociale).

Un problème de mobilier. Un fauteuil ergonomique ne corrige ni une cadence imposée ni une absence de pauses. La prévention se joue dans l’organisation du travail, et elle s’écrit dans le document unique d’évaluation des risques, avec l’appui du service de prévention et de santé au travail.

Pour passer à la pratique, lisez notre guide de l’ergonomie au travail, et la page santé au travail pour l’ensemble des risques physiques.

Sources

  1. Troubles musculosquelettiques (TMS) : ce qu'il faut retenir, INRS, 2025.
  2. Troubles musculosquelettiques (TMS) : statistiques, INRS, 2025.
  3. Tableau n° 57 du régime général : affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, INRS, 2017.
  4. Tableau n° 98 du régime général : affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes, INRS, 1999.
  5. Article L461-1 du Code de la sécurité sociale, Légifrance, 2026.

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