39 % des salariés français ont ressenti beaucoup de stress la veille du jour où ils ont été interrogés, selon l’édition 2026 du rapport State of the Global Workplace de Gallup, sur des données 2023 à 2025. La moyenne européenne est la même, 39 %, et la moyenne mondiale atteint 40 %.
Deux salariés sur cinq, un jour ordinaire. Le chiffre ne dit ni d’où vient ce stress ni ce qu’il produit : les sources ci-dessous y répondent. Elle fait partie de notre rubrique Chiffres et baromètres. Pour la définition et la prévention, voyez notre article sur le stress au travail, ses causes et ses solutions.
Les chiffres clés du stress au travail en 2026
| Indicateur | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Salariés ayant ressenti beaucoup de stress la veille, France | 39 % | 2023-2025 | Gallup |
| Même indicateur, Europe | 39 % | 2023-2025 | Gallup |
| Même indicateur, monde | 40 % | 2023-2025 | Gallup |
| Travailleurs exposés à une forte pression temporelle ou à une surcharge de travail, France | 52 % | 2022 | EU-OSHA |
| Travailleurs ayant eu un stress, une dépression ou une anxiété causés ou aggravés par le travail dans l’année, France | 25 % | 2022 | EU-OSHA |
| Salariés devant souvent s’interrompre pour une tâche imprévue | 66 % | 2019 | Dares, Drees, DGAFP, Insee |
| Coût social du stress au travail, estimation a minima | 2 à 3 milliards d’euros | 2007 | INRS et Arts et Métiers ParisTech |
Source : Gallup, State of the Global Workplace 2026 ; EU-OSHA, OSH Pulse 2022 ; enquête Conditions de travail 2019 ; INRS – Données 2007 à 2025 – Compilation bienetretravail.fr
Attention : le chiffre Gallup mesure une émotion ressentie la veille, pas une exposition durable. Une personne stressée un jour d’échéance compte autant qu’une personne stressée tous les jours.
Deux salariés sur cinq ressentent un stress fort au quotidien
Gallup interroge chaque année environ 1 000 personnes par pays dans son World Poll. La question porte sur la veille : avez-vous ressenti beaucoup de stress au cours de la journée d’hier ? Les résultats publiés pour la France portent sur les actifs occupés et sont des moyennes sur trois ans.
| Émotion ressentie beaucoup la veille | France | Europe | Monde |
|---|---|---|---|
| Stress | 39 % | 39 % | 40 % |
| Colère | 19 % | 15 % | 22 % |
| Tristesse | 18 % | 17 % | 23 % |
| Solitude | 18 % | 13 % | 22 % |
Source : Gallup, State of the Global Workplace 2026, données France – Données 2023 à 2025, actifs occupés de 15 ans et plus – Traduction et compilation bienetretravail.fr
Le stress français n’a rien d’exceptionnel. La colère et la solitude, en revanche, dépassent nettement la moyenne européenne : quatre et cinq points d’écart. Un salarié français sur cinq a ressenti beaucoup de colère la veille de l’enquête. Ce n’est pas le stress qui distingue la France, c’est ce qui l’accompagne.
Comment le stress au travail a évolué depuis 2010
| Fin de la période de trois ans | Salariés ayant ressenti beaucoup de stress la veille, France |
|---|---|
| 2010 | 39 % |
| 2012 | 40 % |
| 2014 | 39 % |
| 2015 | 38 % |
| 2016 | 42 % |
| 2017 | 45 % |
| 2018 | 46 % |
| 2019 | 48 % |
| 2020 | 46 % |
| 2021 | 44 % |
| 2022 | 40 % |
| 2023 | 37 % |
| 2024 | 38 % |
| 2025 | 39 % |
Source : Gallup, State of the Global Workplace 2026, données France – Données 2008 à 2025, moyennes glissantes sur trois ans (la valeur 2019 couvre 2017 à 2019) – Compilation bienetretravail.fr
La série dessine une bosse. Dix points de hausse entre 2015 et 2019, puis une décrue continue jusqu’en 2023. Contrairement à une idée répandue, la crise sanitaire ne marque pas le sommet : les moyennes qui incluent 2020 et 2021 sont déjà en baisse.
Le niveau de 2025 est celui de 2010. Nous n’en concluons pas que rien n’a changé en quinze ans : la question de Gallup capte une humeur, sensible au contexte du moment, sur un échantillon français modeste.
Ce qui stresse les travailleurs français
L’enquête OSH Pulse de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a interrogé 27 250 travailleurs dans 29 pays en 2022, dont 1 003 en France, entre le 25 avril et le 10 mai. Elle demande à quels facteurs de stress chacun est exposé.
| Facteur de stress déclaré | France | Union européenne |
|---|---|---|
| Forte pression temporelle ou surcharge de travail | 52 % | 46 % |
| Mauvaise communication ou coopération dans l’organisation | 36 % | 26 % |
| Violence ou agressions verbales de clients, patients, élèves | 25 % | 16 % |
| Manque d’autonomie ou d’influence sur le rythme de travail | 17 % | 18 % |
| Harcèlement | 12 % | 7 % |
| Autre facteur de stress au travail | 35 % | 29 % |
Source : EU-OSHA, OSH Pulse – Données 2022 – Compilation bienetretravail.fr
La France figure parmi les pays où la surcharge est la plus citée, avec la Grèce (55 %), la Finlande et les Pays-Bas (54 %). Elle partage avec le Portugal le taux le plus élevé de violence venue du public. Et seule la Finlande (41 %) cite plus souvent qu’elle les défauts de communication interne.
Ce dernier point est le plus actionnable. La surcharge dépend souvent des moyens. La circulation de l’information, elle, dépend de l’organisation et du management, et elle coûte peu à corriger.
Selon le métier, des sources de stress très différentes
L’enquête Conditions de travail, menée en 2019 par la Dares, la Drees, la DGAFP et l’Insee, mesure les facteurs de risques psychosociaux par catégorie socioprofessionnelle. C’est la source publique la plus détaillée disponible en accès libre.
| Facteur (salariés concernés, 2019) | Ensemble | Cadres | Professions intermédiaires | Employés | Ouvriers |
|---|---|---|---|---|---|
| Au moins trois contraintes de rythme | 34 % | 22 % | 31 % | 29 % | 54 % |
| S’interrompre pour une tâche imprévue | 66 % | 73 % | 72 % | 66 % | 51 % |
| Ne pas pouvoir régler soi-même les incidents | 31 % | 17 % | 24 % | 37 % | 42 % |
| Être bouleversé, secoué, ému (souvent ou presque tous les jours) | 12 % | 11 % | 15 % | 14 % | 5 % |
| Ne pas recevoir l’estime et le respect que mérite son travail | 32 % | 25 % | 32 % | 34 % | 34 % |
| Craindre pour son emploi dans l’année | 20 % | 13 % | 19 % | 23 % | 21 % |
Source : Dares, Drees, DGAFP, Insee, enquête Conditions de travail 2019, publiée dans Insee Références, édition 2023 – Données 2019, ensemble des salariés, France hors Mayotte – Compilation bienetretravail.fr
Attention : la ligne sur l’estime est le complément calculé par la rédaction de la part de salariés qui déclarent recevoir cette estime (68 % pour l’ensemble).
Le tableau casse un cliché. Le stress des cadres existe, mais il tient surtout à l’interruption et à l’urgence, avec une autonomie qui l’amortit. Les ouvriers cumulent ce que le modèle de Karasek désigne comme la situation la plus exposante : un rythme imposé et peu de prise sur les incidents.
Les femmes déclarent plus souvent être bouleversées au travail que les hommes (17 % contre 7 %). Les agents de la fonction publique sont plus exposés aux exigences émotionnelles que les salariés du privé (18 % contre 10 %), et reçoivent moins souvent l’estime qu’ils estiment mériter (61 % contre 70 %).
Ce que le stress fait à la santé des travailleurs
Toujours dans OSH Pulse, 25 % des travailleurs français déclarent un stress, une dépression ou une anxiété causés ou aggravés par leur travail au cours des douze derniers mois. La moyenne de l’Union européenne est de 27 %. Pour la France, c’est le troisième problème de santé lié au travail cité, après la fatigue générale (30 %) et les douleurs osseuses, articulaires ou musculaires (26 %).
À l’échelle européenne, les femmes sont plus touchées que les hommes (30 % contre 25 %). Les secteurs les plus concernés sont l’enseignement, la santé et l’action sociale (30 % à 31 %).
Eurostat donne une autre mesure, plus stricte, tirée du module 2020 de l’enquête sur les forces de travail. 2,1 % des Français de 15 à 64 ans qui travaillent ou ont travaillé déclarent un problème de santé lié au travail de type stress, dépression ou anxiété, contre 1,9 % dans l’Union. Parmi ceux qui déclarent un problème de santé lié au travail, ce motif représente 26,1 % des cas en France, contre 18,6 % en moyenne européenne. Chez les Françaises, la part monte à 30 %.
Les deux enquêtes diffèrent. OSH Pulse capte tout épisode de l’année, même passager, et accepte plusieurs réponses. Eurostat classe les problèmes de santé liés au travail par type de diagnostic. Leur conclusion commune : quand un travailleur français attribue un problème de santé à son travail, c’est plus souvent un trouble psychique qu’ailleurs en Europe.
Les affections psychiques reconnues en maladie professionnelle sont suivies sur notre page chiffres du burn-out, la dépression des actifs dans nos chiffres de la santé mentale des salariés.
Ce que coûte le stress au travail
L’INRS et Arts et Métiers ParisTech ont estimé le coût social du stress au travail en France entre 2 et 3 milliards d’euros pour l’année 2007. Le calcul intègre les dépenses de soins, l’absentéisme, les cessations d’activité et les décès prématurés.
L’INRS la présente comme une évaluation a minima. Elle ne retient que le job strain, la combinaison d’une forte pression et d’une faible autonomie, qui représente moins d’un tiers des situations de travail fortement stressantes. Elle ne chiffre pas non plus la souffrance des personnes.
Ce chiffre a près de vingt ans, et nous ne connaissons pas d’estimation publique plus récente. Les montants qui circulent sans méthode publiée ne sont pas repris ici. Pour l’absentéisme, voyez nos chiffres de l’absentéisme.
Méthodologie
Sources retenues. Gallup fournit la seule série annuelle sur le stress ressenti en France, avec un questionnaire identique dans tous les pays. OSH Pulse donne les facteurs de stress et les problèmes de santé déclarés, comparables à l’échelle européenne. L’enquête Conditions de travail 2019 reste la référence publique pour les écarts entre métiers. Eurostat apporte une mesure harmonisée par diagnostic.
Sources écartées. La Dares a publié en 2026 les premiers résultats de l’enquête Conditions de travail 2024-2025, qui mesure l’évolution des risques psychosociaux depuis 2016. Son site n’était pas joignable au moment de la rédaction : nous n’en reprenons aucun chiffre, même relayé ailleurs, tant que nous ne l’avons pas lu à la source. Les sondages dont le document d’étude n’est pas consultable sont écartés.
Limites. Les valeurs Eurostat de 2007 et 2013 ne sont pas présentées : elles varient trop d’une vague à l’autre (13,5 % en 2007, 2,6 % en 2013 pour la France) pour décrire une évolution réelle. Les chiffres Gallup France sont des moyennes sur trois ans, sans marge d’erreur publiée pour la France.
Comment citer cette page
« Stress au travail : les chiffres 2026 », bienetretravail.fr, mis à jour le 15 octobre 2026, https://www.bienetretravail.fr/stress-au-travail-chiffres/
Nos données sont librement reprenables en citant la source et en indiquant un lien vers cette page. Notre méthode est décrite sur la page Méthodologie.
Pour aller plus loin
- Stress au travail : causes, symptômes, conséquences et solutions, la démarche de prévention de l’INRS.
- Risques psychosociaux : les six facteurs à évaluer, le cadre de l’évaluation dans le document unique.
- Santé mentale au travail : le guide de l’employeur, ce que la loi impose.
- Mesurer le bien-être au travail, les questionnaires de Karasek et de Siegrist.
