15,3 % des actifs occupés de 18 à 64 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois, selon le Baromètre 2024 de Santé publique France. Les femmes sont plus touchées que les hommes : 17,9 % contre 12,6 %.
C’est le chiffre le plus solide disponible en France, parce qu’il repose sur un questionnaire diagnostique standardisé et sur un échantillon de plus de 18 000 actifs. Les baromètres d’entreprise, qui font les titres, donnent entre 21 % et 50 % de salariés en difficulté. Cette page rassemble les deux familles de données et explique ce qui les sépare. Elle appartient à notre rubrique Chiffres et baromètres.
Les chiffres clés de la santé mentale des salariés en 2026
| Indicateur | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Actifs occupés ayant vécu un épisode dépressif caractérisé dans l’année | 15,3 % | 2024 | Santé publique France |
| Actifs occupés concernés par un trouble anxieux généralisé dans l’année | 5,9 % | 2024 | Santé publique France |
| Actifs occupés ayant eu des pensées suicidaires dans l’année | 4,9 % | 2024 | Santé publique France |
| Salariés en détresse psychologique déclarée | 50 % | mai 2026 | Empreinte Humaine et Ipsos BVA |
| Actifs en mauvaise santé mentale déclarée | 22 % | édition 2026 | Qualisocial et Ipsos |
| Salariés du privé en souffrance psychologique | 21 % | avril-mai 2025 | Malakoff Humanis et Harris Interactive |
| Part des troubles psychologiques dans les arrêts de plus de 30 jours | 37,8 % | 2025 | Malakoff Humanis |
Source : Santé publique France, Empreinte Humaine, Qualisocial, Ipsos, Malakoff Humanis – Données 2024 à 2026 – Compilation bienetretravail.fr
Attention : les trois premières lignes sont des mesures de troubles, selon des critères cliniques. Les trois suivantes sont des états déclarés, mesurés chacun avec une échelle différente. Elles ne s’additionnent pas et ne se comparent pas entre elles.
Qui est le plus touché ? Ce que mesure la statistique publique
Santé publique France a interrogé en 2024 un échantillon représentatif des 18-79 ans, dont environ 18 000 actifs occupés. Les résultats ont été publiés entre novembre et décembre 2025.
| Population (actifs occupés de 18 à 64 ans) | Épisode dépressif dans l’année | Pensées suicidaires dans l’année |
|---|---|---|
| Ensemble | 15,3 % | 4,9 % |
| Femmes | 17,9 % | 5,5 % |
| Hommes | 12,6 % | 4,2 % |
| Salariés de la fonction publique | 16,2 % | 5,5 % |
| Salariés d’entreprise | 15,5 % | 5,0 % |
| Indépendants (à leur compte) | 14,2 % | non publié |
| Employés | 18,2 % | 5,7 % |
| Professions intermédiaires | 18,1 % | 5,6 % |
Source : Santé publique France, Baromètre 2024 – Données 2024, actifs occupés de 18 à 64 ans – Compilation bienetretravail.fr
Trois écarts ressortent. Les employés et les professions intermédiaires présentent les proportions d’épisodes dépressifs les plus élevées. Parmi les salariés d’entreprise, les employés de bureau, de commerce ou de services atteignent 19,4 %, la prévalence la plus élevée.
Les contrats précaires pèsent surtout sur les idées suicidaires : 8,8 % des personnes en CDD, intérim ou vacation en déclarent dans l’année, contre 4,4 % des CDI. Pour l’épisode dépressif, en revanche, le type de contrat ne fait pas de différence significative.
Les télétravailleurs déclarent plus d’épisodes dépressifs : 17,2 %, contre 14,7 % pour ceux qui ne télétravaillent pas. L’écart est descriptif. Rien ne dit que le télétravail en est la cause.
Un dernier chiffre concerne l’entreprise de près. 44 % des personnes ayant vécu un épisode dépressif n’ont reçu aucune prise en charge, et 54 % chez les hommes. Une bonne part de la dépression des salariés reste donc invisible, y compris pour le médecin du travail.
Pourquoi les baromètres donnent 21 %, 22 % ou 50 %
Trois baromètres privés publient chaque année un indicateur global. Leurs résultats semblent se contredire. Ils mesurent en réalité trois choses différentes.
| Baromètre | Indicateur | Résultat | Échantillon et recueil |
|---|---|---|---|
| Empreinte Humaine et Ipsos BVA | Détresse psychologique | 50 %, dont 16 % élevée | 2 000 salariés, 4-18 mai 2026 |
| Qualisocial et Ipsos | Mauvaise santé mentale | 22 % des actifs | édition 2026, méthodologie non publiée sur la page |
| Malakoff Humanis et Harris Interactive | Souffrance psychologique | 21 % | 2 060 salariés du privé, 17 avril-7 mai 2025 |
Source : Empreinte Humaine, Qualisocial, Ipsos, Malakoff Humanis – Données 2025 et 2026 – Compilation bienetretravail.fr
La détresse psychologique d’Empreinte Humaine est la mesure la plus large : elle capte un mal-être qui n’a rien d’une maladie. La mauvaise santé mentale de Qualisocial repose sur une autoévaluation. La souffrance psychologique de Malakoff Humanis figure dans une liste de fragilités personnelles que vit le salarié. Une même personne peut entrer dans la première case et pas dans les deux autres.
Les tendances divergent aussi. Empreinte Humaine mesure un record en mai 2026, + 3 points en six mois. Qualisocial mesure une amélioration : 22 % des actifs en mauvaise santé mentale en 2026, contre 25 % des salariés en 2025 et 26 % en 2024. Malakoff Humanis compte 13 points de plus qu’en 2020.
Notre lecture : aucune de ces séries ne permet d’affirmer que la santé mentale des salariés s’effondre ou se redresse en 2026. Elles s’accordent sur un niveau élevé, plus haut qu’en 2020 pour la seule série qui remonte jusque-là. Le détail de la série Empreinte Humaine depuis 2022 figure sur notre page chiffres du burn-out.
Quelle part revient au travail ?
Aucune enquête ne mesure directement la part du travail dans la santé mentale. Trois sources l’approchent.
Le ressenti des salariés. En mai 2026, 83 % des salariés en détresse psychologique déclarent que cet état est lié, au moins en partie, à leur travail (Empreinte Humaine et Ipsos BVA). Parmi les actifs arrêtés dans l’année, 43 % disent que l’arrêt avait un motif psychologique, et 21 % l’attribuent à une situation de travail : conflit, épuisement, anxiété (Ipsos bva pour Workplace Options, mars 2026).
Les arrêts de travail. Les troubles psychologiques motivent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours dans le secteur privé en 2025, contre 30,3 % en 2020 (Malakoff Humanis). La part atteint 44,4 % chez les cadres. Le détail par âge et par durée figure sur notre page chiffres de l’absentéisme.
Le regard des médecins du travail. C’est la source la plus parlante, et la moins citée. Pendant deux périodes de deux semaines par an, des médecins du travail de huit régions signalent les maladies qu’ils estiment liées au travail chez les salariés qu’ils voient.
| Période | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| 2007 | 2,4 % | 1,3 % |
| 2022-2023 | 6,7 % | 2,3 % |
Source : Santé publique France, programme de surveillance des maladies à caractère professionnel – Données 2007 à 2023, salariés vus en visite dans les régions participantes – Compilation bienetretravail.fr
Attention : ce n’est pas une prévalence nationale. Ce sont des signalements de médecins du travail, sur environ 89 000 salariés vus entre 2019 et 2023 dans huit régions.
Chez les femmes, la souffrance psychique liée au travail représente près de la moitié des pathologies signalées, devant les troubles musculo-squelettiques. Le gradient social s’inverse par rapport à la dépression : en 2022-2023, 11,2 % des femmes cadres en présentent une, contre 3,3 % des ouvrières. Et 98 % des facteurs mis en cause sont organisationnels, relationnels ou éthiques. Plus de la moitié relèvent de l’organisation du travail elle-même.
Ce dernier chiffre devrait guider la prévention. La souffrance que les médecins rattachent au travail vient d’abord de la façon dont il est organisé. C’est le terrain des risques psychosociaux, et de l’obligation de prévention que détaille notre guide de l’employeur sur la santé mentale au travail.
Parler de sa santé mentale au travail reste risqué, surtout en France
La moitié des salariés concernés par des troubles psychologiques n’ose pas aborder le sujet en entreprise, selon l’étude 2026 de Malakoff Humanis sur l’absentéisme.
L’enquête européenne OSH Pulse de l’EU-OSHA, menée en 2022 auprès de 27 250 travailleurs, donne la mesure de l’exception française. 68 % des travailleurs français pensent que révéler un trouble psychique nuirait à leur carrière, contre 50 % en moyenne dans l’Union européenne. La France affiche la proportion la plus élevée des pays cités par l’agence, devant la Grèce et Chypre (66 %).
Le silence a une conséquence directe. Un trouble que le salarié cache ne peut être ni aménagé ni orienté vers le médecin du travail.
La France face à ses voisins européens
| Indicateur | France | Union européenne | Source |
|---|---|---|---|
| Stress, dépression ou anxiété causés ou aggravés par le travail dans les douze derniers mois | 25 % | 27 % | EU-OSHA, OSH Pulse 2022 |
| Personnes déclarant un problème de santé lié au travail de type stress, dépression ou anxiété | 2,1 % | 1,9 % | Eurostat, 2020 |
| Part de ce motif parmi les personnes déclarant un problème de santé lié au travail | 26,1 % | 18,6 % | Eurostat, 2020 |
Source : EU-OSHA, Eurostat (enquête sur les forces de travail, module ad hoc 2020, 15-64 ans) – Données 2020 et 2022 – Compilation bienetretravail.fr
Les deux enquêtes ne posent pas la même question. OSH Pulse demande si le travail a causé ou aggravé un problème de santé. Eurostat classe les problèmes de santé liés au travail par type de diagnostic. Sur les deux, la France se situe près de la moyenne européenne. Mais quand un travailleur français déclare un problème de santé lié au travail, c’est plus souvent un problème psychique qu’ailleurs en Europe.
Ce que coûte la santé mentale au travail
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé estime que la dépression et l’anxiété font perdre 12 milliards de jours de travail chaque année, soit 1 000 milliards de dollars de productivité. Elle estime que 16 % des adultes en âge de travailler souffraient d’un trouble mental en 2023.
Pour la France, nous ne publions pas d’estimation globale. Les montants qui circulent reposent sur des hypothèses de valorisation rarement publiées. Le seul coût documenté porte sur les affections psychiques reconnues en maladie professionnelle, présenté sur notre page chiffres du burn-out.
Méthodologie
Sources retenues. Le Baromètre de Santé publique France sert de référence pour la prévalence des troubles : questionnaires standardisés, grand échantillon, résultats détaillés par situation professionnelle. Le programme de surveillance des maladies à caractère professionnel est la seule source qui s’appuie sur un avis médical sur le lien avec le travail. Les baromètres privés sont retenus quand ils publient leur échantillon et leurs dates de recueil, ou à défaut quand leurs chiffres se lisent sur la page de l’étude. Nous le signalons pour Qualisocial 2026.
Sources écartées. Les baromètres dont les résultats ne sont remis qu’après inscription, sans chiffre lisible en accès libre. Les chiffres repris par la presse sans document d’étude consultable. L’AXA Mind Health Report 2026, dont les résultats publiés agrègent 18 pays sans isoler la France. Les données de la Dares sur les risques psychosociaux ne figurent pas dans cette version : nous n’avons pas pu consulter ses publications à la source au moment de la mise à jour.
Évolution. Santé publique France a changé de méthode en 2024, avec une collecte par Internet et un nouveau plan de sondage. L’agence précise qu’aucune évolution ne peut être établie par comparaison directe avec 2021. Nous ne présentons donc pas de série sur l’épisode dépressif.
Comment citer cette page
« Santé mentale des salariés : les chiffres 2026 », bienetretravail.fr, mis à jour le 7 octobre 2026, https://www.bienetretravail.fr/sante-mentale-salaries-chiffres/
Nos données sont librement reprenables en citant la source et en indiquant un lien vers cette page. Notre méthode est décrite sur la page Méthodologie.
Pour aller plus loin
- Santé mentale au travail : le guide de l’employeur, ce que la loi impose et par où commencer.
- Risques psychosociaux : les six facteurs à évaluer, le cadre de la prévention.
- Burn-out en France : les chiffres 2026, la série de la détresse psychologique et les maladies professionnelles psychiques.
- Absentéisme en France : les chiffres 2026, la place des troubles psychologiques dans les arrêts.
