Améliorer le bien-être au travail : 30 actions classées par coût et impact

Une manager ouvre une grande fenêtre et fait entrer la lumière dans le bureau de son équipe

Pour améliorer le bien-être au travail, agissez d’abord sur le travail lui-même : la charge, les horaires, le management. Les avantages et les animations viennent après, et les études disponibles leur trouvent peu d’effet mesurable.

Les 30 actions ci-dessous sont classées par famille, avec un coût, un délai et le niveau de preuve qui les appuie. Cette page fait partie de notre rubrique QVCT et pilotage du bien-être.

Comment lire ce classement

Le coût va de temps (aucune dépense) à élevé. Pas de montant en euros : il dépend trop de la taille de l’entreprise.

La preuve a trois niveaux. Étude : un essai ou une revue publiée. Loi : une obligation du Code du travail. Pas d’étude retenue : l’action peut marcher, mais nous n’avons trouvé aucun travail solide qui le montre.

En 2025, les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts du secteur privé mais 63,8 % des journées d’absence (Malakoff Humanis, 2026). Une action qui ne touche pas à ces arrêts longs reste marginale.

Organisation et charge de travail : les actions qui pèsent le plus

L’article L4121-2 du Code du travail fixe l’ordre : éviter les risques, les combattre à la source, « adapter le travail à l’homme », et donner la priorité aux mesures collectives sur les mesures individuelles.

#ActionCoûtDélaiPreuve
1Évaluer les risques psychosociaux dans le document unique, unité de travail par unité de travailTemps1 à 3 moisLoi (L4121-2 et L4121-3-1)
2Supprimer les réunions récurrentes sans décisionTemps1 moisPas d’étude retenue
3Revoir la charge avant d’accepter un nouveau projetTempsImmédiatPas d’étude retenue
4Écrire les priorités quand deux services sollicitent la même équipeTemps1 moisPas d’étude retenue
5Laisser les équipes construire leurs plannings dans un cadre fixéFaible3 moisÉtude (Cochrane, 2010)
6Fixer des règles de déconnexion précises, plages et canauxTemps2 moisLoi (L2242-17)
7Expérimenter la semaine de 4 jours à durée réduiteÉlevé6 à 12 moisÉtude (essai britannique, 2022)

Ligne 5 : selon la revue Cochrane de Joyce et ses collègues (2010), la flexibilité qui donne du contrôle au salarié, comme l’auto-planification, a probablement un effet positif sur la santé. Celle dictée par l’organisation, contrats courts ou temps partiel subi, a des effets « équivoques ou négatifs ». Preuve encore limitée, disent les auteurs.

Ligne 7 : dans l’essai britannique de 2022, 56 des 61 entreprises ont poursuivi, et 71 % des salariés ont déclaré un épuisement moindre (Autonomy, 2023). Pas de groupe témoin : c’est un signal fort, pas une preuve.

Management : la formation des managers a la meilleure preuve

#ActionCoûtDélaiPreuve
8Former les managers à la santé mentaleMoyen1 moisÉtude (Lancet Psychiatry, 2017)
9Tenir un point de charge individuel, distinct de l’entretien annuelTemps1 moisPas d’étude retenue
10Réduire les niveaux de validation des décisions courantesTemps3 moisPas d’étude retenue
11Laisser les salariés choisir l’ordre et la méthode de leurs tâchesTemps3 moisPas d’étude retenue
12Remercier pour un travail précis, pas pour « l’engagement »TempsImmédiatPas d’étude retenue
13Ouvrir un canal de signalement du harcèlement moralFaible2 moisLoi (L1152-4)
14Proposer le rendez-vous de liaison pendant les arrêts longsTempsImmédiatLoi (L1226-1-3)

La ligne 8 est la mieux étayée de la page. Dans un essai randomisé chez les pompiers de Nouvelle-Galles du Sud, quatre heures de formation des managers ont réduit les arrêts liés au travail de 6,45 heures par salarié sur six mois. Les auteurs estiment le retour à 9,98 livres pour une livre investie (Milligan-Saville et al., The Lancet Psychiatry, 2017). Un seul essai, dans un seul métier : à confirmer ailleurs.

Environnement physique : du confort, à condition de mesurer

#ActionCoûtDélaiPreuve
15Créer des pièces fermées plutôt que généraliser l’open spaceMoyen3 à 6 moisÉtude (Royal Society, 2018)
16Mesurer le bruit, puis traiter l’acoustiqueMoyen3 moisPas d’étude retenue
17Faire régler les postes par un ergonomeMoyen2 moisPas d’étude retenue
18Installer une salle de pause loin des postesFaible2 moisPas d’étude retenue
19Rapprocher les postes de la lumière du jourFaible1 moisPas d’étude retenue
20Autoriser la sieste courte dans un lieu dédiéFaible2 moisPas d’étude retenue

L’open space ne crée pas les échanges qu’il promet. Bernstein et Turban ont équipé de capteurs les salariés de deux entreprises du classement Fortune 500, avant et après leur passage en espace ouvert : le temps d’interaction en face à face y a baissé d’environ 70 %, au profit des e-mails et messageries (Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2018).

Dialogue sur le travail : les actions qui rendent les autres possibles

#ActionCoûtDélaiPreuve
21Réunir chaque équipe une heure par mois sur le travail réelTemps1 moisPas d’étude retenue
22Associer le CSE dès le cadrage de la démarcheTempsImmédiatLoi (L2312-8, dès 50 salariés)
23Faire passer un questionnaire de bien-être et restituer dans le moisFaible2 moisPas d’étude retenue
24Répondre par écrit à chaque proposition, refus comprisTempsImmédiatPas d’étude retenue
25Tester chaque changement sur une équipe avant de déployerTemps3 à 6 moisPas d’étude retenue

Seules, ces cinq actions ne produisent rien. Elles servent à choisir parmi les vingt-cinq autres : c’est la méthode de la démarche QVCT.

Avantages et services : utiles, mais ils ne suffisent pas

#ActionCoûtDélaiPreuve
26Ouvrir le télétravail avec des règles écritesFaible3 moisPas d’étude retenue
27Financer une activité physique sur le temps de travailMoyen2 moisPas d’étude retenue
28Proposer une conciergerie ou une corbeille de fruitsFaible1 moisPas d’étude retenue
29Payer une appli de méditation ou une formation à la résilienceMoyen1 moisÉtude : aucun effet mesuré (2024)
30Organiser des ateliers ponctuels sur le bien-êtreFaible1 moisPas d’étude retenue

Ligne 29 : William Fleming, du Wellbeing Research Centre de l’université d’Oxford, a comparé 46 336 salariés de 233 organisations britanniques. Ceux qui avaient suivi une formation à la résilience, à la pleine conscience ou utilisé une appli bien-être ne se portaient pas mieux que les autres sur plusieurs indicateurs de bien-être subjectif (Industrial Relations Journal, 2024). L’étude est transversale : elle ne démontre pas l’absence d’effet. Elle n’en montre aucun.

L’Anact range ces offres parmi les actions « périphériques (appli “bien-être”, massages, corbeille de fruits, conciergerie, baby‑foot, décoration…) » qui restent « éloignées des enjeux prioritaires d’amélioration des conditions de travail » (référentiel QVCT, 2023). Elles ne font pas de mal. Mais une entreprise qui commence par la ligne 28 a sauté les vingt-cinq premières.

Questions fréquentes

Quelles actions mettre en place pour améliorer le bien-être au travail ?

D'abord celles qui agissent sur le travail : évaluer les risques psychosociaux dans le document unique, réguler la charge, laisser des marges sur les horaires, former les managers. Les services aux salariés viennent ensuite, et ne remplacent aucune des précédentes.

Le bien-être au travail est-il une obligation pour l'employeur ?

Le bien-être en tant que tel, non. La protection de la santé physique et mentale des salariés, oui (article L4121-1 du Code du travail).

Les applications de bien-être sont-elles efficaces ?

Une étude de l'université d'Oxford sur 46 336 salariés britanniques ne trouve aucun avantage chez ceux qui ont utilisé une appli bien-être ou suivi une formation à la résilience ou à la pleine conscience (Industrial Relations Journal, 2024).

Sources

  1. Workplace mental health training for managers and its effect on sick leave in employees: a cluster randomised controlled trial (Milligan-Saville et al.), The Lancet Psychiatry, 2017.
  2. Employee well-being outcomes from individual-level mental health interventions: cross-sectional evidence from the United Kingdom (William J. Fleming), Industrial Relations Journal, Wellbeing Research Centre de l'université d'Oxford, 2024.
  3. Flexible working conditions and their effects on employee health and wellbeing (Joyce et al.), Cochrane Database of Systematic Reviews, 2010.
  4. The impact of the 'open' workspace on human collaboration (Bernstein et Turban), Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2018.
  5. The results are in: the UK's four-day week pilot, Autonomy, 4 Day Week Global, Boston College et université de Cambridge, 2023.
  6. Référentiel QVCT, Anact, 2023.
  7. Absentéisme en 2026 : les chiffres, Malakoff Humanis, 2026.
  8. Code du travail, article L4121-2 (principes généraux de prévention), Ministère du Travail, Code du travail numérique, 2016.

À lire aussi dans « QVCT et pilotage »

Voir toute la rubrique QVCT et pilotage